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	<description>Le blog littéraire de Salim Bachi</description>
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		<title>La littérature-monde a-t-elle un avenir ?</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 17:53:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Publié en 2007, Le manifeste pour une littérature-monde se voulait une redéfinition aussi bien du champ littéraire francophone que du champ littéraire français. À l’origine, des écrivains de tous horizons, mais majoritairement « francophones », entendaient échapper à la fois au carcan littéraire français et parisien, ressenti comme exclusif et dominant, et à la sphère littéraire francophone [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=525&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/11/poster-lm-jpeg.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-527" title="Poster LM jpeg" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/11/poster-lm-jpeg.jpg?w=212&#038;h=300" alt="" width="212" height="300" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Publié en 2007, Le manifeste pour une littérature-monde se voulait une redéfinition aussi bien du champ littéraire francophone que du champ littéraire français. À l’origine, des écrivains de tous horizons, mais majoritairement « francophones », entendaient échapper à la fois au carcan littéraire français et parisien, ressenti comme exclusif et dominant, et à la sphère littéraire francophone qui semblait datée, marginale et entachée de présupposés liés à la décolonisation. Ils cherchaient à se défaire de ces deux aliénations et renverser les valeurs qui octroyaient, pensaient-ils, une prééminence à la « littérature française » aux dépends de la littérature dite francophone, pourtant plus vivace et plus riche selon eux, mais marginalisée par des institutions littéraires parisiennes en raison d’une mauvaise formulation, sorte de faute originelle et qu’il fallait donc expier en la rebaptisant. Pour se démarquer d’une quelconque origine géographique ou nationale, le manifeste a regroupé aussi bien des écrivains nés à l’étranger qu’en France dont la particularité était de dire ou de décrire le monde au travers de la langue française.<br />
Par sa volonté donc de s’affranchir à tout prix de la marge et du centre, Le manifeste pour une littérature-monde n’a fait que renforcer les antagonismes, susciter la critique. D’une part, les tenants de la francophonie y ont vu une attaque frontale, une remise en question, voire une accusation qui leur semblait infondée et particulièrement injuste ; d’autre part, les sceptiques et les malveillants, une entreprise publicitaire ne servant qu’à revivifier l’ancienne littérature francophone puisque les écrivains associés à l’année de la francophonie en 2006 se retrouvaient être les principaux signataires du manifeste. De jeunes auteurs nés en France, quant à eux, ont pu se sentir exclus par le manifeste. Il leur semblait bien dire le monde à travers leurs écrits, sans aucun à priori, ni depuis aucune position de pouvoir.<br />
Bien entendu, il ne faudrait surtout pas être naïf, et envers personne d’ailleurs. Dans la tradition littéraire française, un manifeste est une arme de guerre. Elle vise à déstabiliser ou à anéantir un adversaire. De cette manière, les surréalistes ont enterré une grande partie de la littérature du début du XXème siècle, au point que l’on n’ose à peine parler d’Anatole France aujourd’hui. Pour les signataires du manifeste pour une littérature-monde, hormis la référence au célèbre manifeste, l’adversaire semble insaisissable, flou. Il est à la fois au centre – « parisien » si l’on veut –, et à la périphérie « francophone », dotée, elle aussi, de ses instances de légitimation. Mais il n’en demeure pas moins un unique adversaire qui nous semble évident. Le monde, le sujet, le sens, l’histoire, en somme le « référent », auront été mis entre parenthèses ou en question par une génération de maîtres penseurs et d’écrivains pendant des décennies. Pour marquer une différence idéologique, le manifeste accueille une « jeune génération, débarrassée de l’ère du soupçon ». Or, le manifeste pour une littérature-monde prend sa distance avec la génération la plus exigeante en ce qui concerne la forme et ses possibilités. Pourquoi et dans quel but ?<br />
À qui s’adresse donc le manifeste pour une littérature-monde ? À un public essentiellement universitaire ? Aux instances de légitimation parisiennes (jurys littéraires, académies, presse, éditeurs) ? Ou au grand public sommé de ne plus faire de différence et de « révolutionner » ses habitudes de consommation culturelle en privilégiant les écrivains du monde entier pour paraphraser une célèbre collection de l’éditeur chez qui le manifeste a été publié ? Peut-être aux trois catégories à la fois, un peu à la fortune du pot, ajouteront les plus moqueurs ou les plus cyniques.<br />
Le propos du manifeste était-il de créer un état d’esprit proche de celui de la littérature du monde anglophone dont les écrivains ont connu une renommée mondiale qu’ils soient originaires du centre ou de la périphérie ? Le manifeste plaide pour « la formation d’une constellation (…), où la langue libérée de son pacte exclusif avec la nation, libre désormais de tout pouvoir autre que ceux de la poésie et de l’imaginaire, n’aura pour frontières que celles de l’esprit ». C’est un programme idéal pour un monde idéal où l’esprit règnerait et entrerait dans la logique de la globalisation. Une pléiade de grands hommes – de génies aurait dit plus simplement Goethe –, débarrassés de toute contingence, voyageant aussi vite que leurs œuvres. Or le monde, plus contrasté, ne se contente pas de déclarations idéales, et la langue est à la fois assujettie aux nations et dépend de leur rayonnement effectif ou relatif, comme elle dépend aussi des hommes qui la véhiculent ou en usent pour exercer leur puissance. Qui peut de nos jours prétendre traverser les frontières à sa guise? Malgré la logique de la globalisation, le monde est un monde de nations, de frontières, d’entraves. Où pouvons nous situer une ‘littérature-monde’ dans cette réalité ? Autant de questions qui méritent d’être soulevées.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/525/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/525/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=525&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Amours et aventures de Sindbad censuré en Algérie</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 15:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Salim Bachi is Pour ne pas déroger à la règle, Amours et aventures de Sindbad le Marin, roman publié chez Gallimard en septembre 2010, a été un interdit à la vente en Algérie, censure qui ne dit pas son nom, mais qui a le mérite, elle, d&#8217;être particulièrement efficace puisqu&#8217;elle prive les lecteurs algériens de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=516&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Salim Bachi is<a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/10/censure.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-521" title="censure" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/10/censure.jpg?w=300&#038;h=182" alt="" width="300" height="182" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Pour ne pas déroger à la règle, <em>Amours et aventures de Sindbad le Marin</em>, roman publié chez Gallimard en septembre 2010, a été un interdit à la vente en Algérie, censure qui ne dit pas son nom, mais qui a le mérite, elle, d&#8217;être particulièrement efficace puisqu&#8217;elle prive les lecteurs algériens de tout accès à mes romans. Depuis <em>Le Chien d&#8217;Ulysse</em>, publié en janvier 2001, toujours chez Gallimard, mes livres ont systématiquement été interdits à l&#8217;importation en Algérie. Officiellement, il n&#8217;y a aucune censure exercée à mon endroit. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs été, officieusement cette fois, invité à participer à la dernière édition du SILA (Salon International du Livre d&#8217;Alger), en l&#8217;absence de mes oeuvres&#8230; Invitation que j&#8217;ai déclinée, bien entendu. Comme je trouve particulièrement injuste de priver les lecteurs algériens de ce qui dérange l&#8217; Etat algérien dans mes romans, j&#8217;ai décidé, sur ce blog, de publier les extraits de mes livres qui froissent mes chers censeurs qui se cachent derrière un voile de &#8220;pudeur&#8221; commercial.</p>
<p style="text-align:justify;">Commençons par <em>Amours et aventures de Sindbad le Marin</em>:</p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;Après mon épisode libyen, j’étais revenu à Carthago où le pied à peine posé sur le sol, j’avais été jeté en prison, mis au pain sec et à l’eau.</p>
<p style="text-align:justify;">Que me reprochait-on ?</p>
<p style="text-align:justify;">D’avoir empoisonné le président à vie de Carthago, Chafouin I<sup>er</sup>. un couscous ingurgité un soir en compagnie de militaires d’un clan rival fut, selon des sources bien informées, la cause de ce drame, imputé – à tort – à ma personne.</p>
<p style="text-align:justify;">Lorsque Chafouin I<sup>er</sup>, président à vie, eut avalé son dernier pois-chiche, il entra dans d’horrifiques spasmes et douleurs dignes des enfers puis régurgita le couscous, les boulettes de viande, les légumes divers et avariés et aussi une partie de son estomac. Devant l’avalanche viscérale, couvert de sang et de vomi, on le poussa dans un jet privé qui le transporta en France, au Val de Grâce, dans la gueule du loup en quelque sorte si l’on songe que Chafouin I<sup>er</sup> s’emportait la veille encore contre l’ancienne puissance coloniale et demandait aux instances internationales de sanctionner la vieille putain de France qui avait autant torturé d’Algériens que l’Algérie indépendante et populaire ce que ne supportait pas Chafouin I<sup>er</sup>, roi des Belges d’Afrique du Nord.&#8221;</p>
<p style="text-align:justify;">Extrait d&#8217;<em>Amours et aventures de Sindbad le Marin</em>, gallimard, 2010.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/516/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=516&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Sindbad à Tripoli</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Aug 2011 15:19:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/08/tripoli-salim-bachi-dr.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-509" title="Tripoli-Salim Bachi (dr)" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/08/tripoli-salim-bachi-dr.jpg?w=225&#038;h=300" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Nous marchons dans le vieux Tripoli sous le soleil. Il paraît que le pays s&#8217;entrouvre. Sur le mur de la citadelle, un panneau annonce en arabe : « nous sommes heureux de vivre à l&#8217;ère du guide suprême ». Le Cyclope a encore de beaux jours devant lui. Robinson me quitte. Il s’en va entre les ruelles de Tripoli. Je le perds de vue près d’une échoppe où travaille un dinandier. Charme certain de la ville, un peu comme dans une bande dessinée de Corto Maltese. La lumière est douce, comme une vieille connaissance, et bleue, comme une orange. Je m’arrête près d’un minaret ancien, du dixième siècle. On dirait un phare. Il est percé de meurtrières où s’écoule le chant du Muezzin. C’est l’heure de la prière, je crois. J’entre dans la mosquée, m’agenouille sur la tapis. Mon âme est vide et mes mots sont insensés. Ils s’écument dans le clair-obscur en chant sauvage. Je dévore ma douleur et mes larmes. Je les bois. Elles sont amères, je les vomis, là, sur le tapis, dans le nocturne de l’âme. Je vomis ce monde comme un marin après une mauvaise cuite.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Amours et Aventures de Sindbad le Marin</em>, Salim Bachi, éditions Gallimard, septembre 2010.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/actualite/'>Actualité</a>, <a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/histoire/'>Histoire</a>, <a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/litterature/'>Littérature</a>, <a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/livres/'>Livres</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/505/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/505/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=505&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Acropolis</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jul 2011 18:30:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Acropolis Descendent de tes flancs Les ailes blanches De la nostalgie Combien de pas se perdent Dans les brumes enflammées De la nuit aux lucioles Le soleil au loin s’entoile Comme aux jours de L’antique vigueur Il ne  faut pas oublier les cendres Et les pas de la jeune femme aux lourdes Jambes qui dévalent [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=497&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Acropolis<br />
Descendent de tes flancs<br />
Les ailes blanches<br />
De la nostalgie</p>
<p>Combien de pas se perdent<br />
Dans les brumes enflammées<br />
De la nuit aux lucioles</p>
<p>Le soleil au loin s’entoile<br />
Comme aux jours de<br />
L’antique vigueur<br />
Il ne  faut pas oublier les cendres<br />
Et les pas de la jeune femme aux lourdes<br />
Jambes qui dévalent tes vertes collines</p>
<p>N’oublie pas le vin ancien que tu<br />
Buvais à même<br />
La bouche sanglante<br />
Comme dans ces hôpitaux que tu hantais</p>
<p>Tes cheveux blancs comme les palmes<br />
Et les rives<br />
S’envolent dans l’air marin de Naoussa<br />
O Jeunesse O solitude<br />
Ne cherche pas à retenir la vie qui<br />
S’écoule dans le cathéter de tes nuits</p>
<p>Acropolis<br />
Rêve des nations et de leur fin</p>
<p>Tu as parcouru des milliers<br />
De kilomètres<br />
Mais de cela ta mémoire ne garde trace<br />
À la fin ne demeurent<br />
Que les maisons anciennes blanches<br />
Sous le soleil des maternités<br />
Ou dans le sang qui filtre des murs</p>
<p>Rome ainsi se remémore à toi<br />
Objet lointain<br />
Que les collines masquent<br />
À l’ombre des coupoles enflammées<br />
Où vacillent des grappes de glycines</p>
<p>O nuit sans sommeil et sans rêves<br />
Que tremblent à l’infini les oscillations<br />
Musicales et les fers<br />
Rougis<br />
Sous la lumière du Vatican</p>
<p>On se souvient des grenades portées<br />
Par des vierges nues<br />
Et des enfants au bec d’oiseau<br />
Plus redoutables que les orfraies divines<br />
Sur lesquelles se penchent les savants<br />
Enturbannés</p>
<p>L’imam du dernier jour<br />
Appelle à la prière du dernier soir<br />
Pendant que les rives s’entrechoquent dans les<br />
Débords et les remontrances des vieilles carnes</p>
<p>Acropolis<br />
Sur tes flancs descendent les bergers<br />
Philosophes dont la mémoire<br />
S’enténèbre<br />
Pour dire la solitude de l’homme</p>
<p>On te demande de prendre le bateau<br />
Pour te lancer sur la mer<br />
Et tu refuses d’avaler l’écume noire<br />
Promise par le poète<br />
Qui hantes les catacombes de ta<br />
Cité radieuse</p>
<p>Ne cherche plus à vivre<br />
La folie est une porte ouverte sur<br />
La nuit des âmes</p>
<p>Tu te souviens de Jérusalem<br />
Et de la Mecque<br />
Cités toutes deux emplies de<br />
Chants et de douleurs où coulent<br />
Des rivières d’entre ses cuisses<br />
Dénudées et offertes en Holocauste<br />
A Carthago</p>
<p>Et tu te diriges droit et fier<br />
Entre les golfes  et les Syrtes<br />
Sur les routes caravanières<br />
Comme un pèlerin sur son chemin<br />
De Damas</p>
<p>Palmyre s’éveille<br />
Rose comme tes lèvres enluminées<br />
Et douces et odorantes<br />
Pleines de vigueur et de songes<br />
Clitoridiens</p>
<p>Viens vers moi tendue comme une voile<br />
Où gonflent tes seins de cariatide<br />
Et les nèfles et les cerises gorgées de miel</p>
<p>On ne vit que pour l’aventure</p>
<p>Ce soir<br />
Nulle illusion n’accompagne le<br />
Voyageur<br />
Perdu entre tes bras comme<br />
Des compas</p>
<p>Et tes jambes<br />
Ulysse<br />
Les arpente en sage architecte</p>
<p>Acropolis<br />
La nuit t’enflamme comme un geyser<br />
Et tes moutons descendent<br />
Sur les rives du souvenir</p>
<p>Ulysse<br />
Ithaque te fait signe dans le soir<br />
Au moment de l’insomnie</p>
<p>J’ai allumé ma dernière cigarette<br />
La tête endolorie sur ton sein<br />
Ma main contre ton ventre<br />
Palpite comme une voile noire<br />
Qui se hisse<br />
Et gonfle dans le vent sur les crêtes<br />
Redoutable et ivre</p>
<p>Tu n’es plus rien qu’un chant nocturne<br />
Une rengaine sur le point<br />
De mourir<br />
Acropolis</p>
<br />Classé dans:<a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/poesie/'>Poésie</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/497/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/497/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=497&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Paris, article paru dans la NRF du mois de mai 2011</title>
		<link>http://salimbachi.wordpress.com/2011/06/28/paris-article-paru-dans-la-nrf-du-mois-de-mai-2011/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 11:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Balzac]]></category>
		<category><![CDATA[Ernest Hemingway]]></category>
		<category><![CDATA[Flaubert]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo]]></category>
		<category><![CDATA[James Joyce]]></category>
		<category><![CDATA[nrf]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Salim Bachi]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvia Beach]]></category>

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		<description><![CDATA[I La géographie parisienne est intime. Et si le cœur d’une ville change plus vite que l’âme d’un homme alors la mienne, inchangée, épouse celle de Paris. Je ne suis pourtant pas né à Paris. Je me sens comme l’homme adopté, en lisière de la cité, et qui se complaît dans cette marginalité. On ne [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=486&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/06/pluie-sur-paris.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-492" title="pluie-sur-paris" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/06/pluie-sur-paris.jpg?w=500&#038;h=375" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">I</p>
<p style="text-align:justify;">La géographie parisienne est intime. Et si le cœur d’une ville change plus vite que l’âme d’un homme alors la mienne, inchangée, épouse celle de Paris. Je ne suis pourtant pas né à Paris. Je me sens comme l’homme adopté, en lisière de la cité, et qui se complaît dans cette marginalité. On ne peut pas être familier d’une ville comme on l’est d’une personne ; et je voyage pour me garder d’une telle tentation.<br />
Paris n’est pas une géographie, c’est au mieux une estimation. Un espace mental qui se déploie dans le temps et l’espace. On pourrait dire la même chose de Rome, mais cette dernière « exhibe le cadavre de sa grand-mère » selon la formule de Joyce. Rien de tel avec Paris. Il faut plonger dans ses catacombes pour en cartographier les restes. Pour ma part, je n’ai jamais mis les pieds dans ses arènes. On dira ce que l’on voudra, mais Paris est une ville au présent qui se déploie dans le passé. Un passé plus aisément arpenté dans les romans de Balzac ou d’Hugo que dans ses lignes de métro comme le souhaiterait un livre à la mode.<br />
Le métro parisien, cette conquête des profondeurs, explore le monde et délaisse l’intime. Wagram ou Bir Hakeim ne sont pas des histoires de Paris, ce sont les échos du monde qui grognent dans le ventre de la cité. D’ailleurs le livre en question se déploie en surface tant il peine à explorer l’univers que le profane réduit toujours à un plan. D’un métro à l’autre, je suis l’arpenteur des convulsions du temps, pensera le touriste en déambulation dans les couloirs de cet appareil digestif qui tente d’être à la fois une géographie, un livre d’histoire et un bottin mondain.</p>
<p style="text-align:justify;">II</p>
<p style="text-align:justify;">À ma connaissance, il n’existe pas de station Balzac. Oubli révélateur quand tant d’illustres inconnus parsèment la toile. On se demande si le grand écrivain, qui inscrivit Paris dans l’imaginaire de l’humanité, comme ces architectes les Pyramides pour la contemplation des siècles, n’avait pas désiré effacer son nom des pierres anciennes qui portent sa marque inaltérable. On oublie un peu trop vite que Paris est une fiction avant d’être une géographie. Voilà, je me répète, Hugo, qui a sa station, Balzac et Eugène Sue, qui n’ont rien, sont les véritables maîtres d’œuvre de ce monde que nous arpentons tous les jours. Sans eux, la Ville lumière n’existerait pas dans l’état de conservation que nous lui connaissons. On aurait sans doute rasé Notre-Dame pour en faire un parking. La Sainte-Chapelle n’aurait pas résisté aux appétits d’un professeur de lettres devenu président. Paris a bien été éventré par ce contempteur de Zola.<br />
Je n’aime pas le métro, il est trop imparfait. À trop vouloir s’étendre sur tout, il se conduit mal. Et il en porte en lui tous les malheurs du monde.</p>
<p style="text-align:justify;">III</p>
<p style="text-align:justify;">J’ai raté la première rame. Me suis donc assis. D’autres voyageurs attendent. Aucun ne ressemble à son voisin. Le métro est le seul endroit où vous pouvez être sûr de voir tout ce que compte l’humanité. Un vieux noir parcourt la station. Il porte un manteau élimé et observe méticuleusement les structures en acier qui soutiennent la station et la portent dans les airs.<br />
Le soleil explose sur les vitraux, se coule entre les poutres métalliques et vient rebondir sur les rails où un jeune garçon tente un numéro d’acrobate. Un voyageur l’interpelle. Il remonte sur le quai, fier de son exploit. Le vieux noir parcourt toujours la station en regardant le mariage de l’acier et du métal, de la force et de la permanence. Je m’extasie devant ce chef-d’œuvre d’ingéniosité. Le vieux noir doit penser la même chose. C’est certain.<br />
Un jeune homme vient s’asseoir à mes côtés. J’ai la vague impression de l’avoir déjà vu. Il me ressemble. Comme un frère.<br />
Le Livre des stations. Le grand Livre des stations.<br />
Qui parle ? Moi ou lui ?<br />
La voix poursuit, seule dans le jour éclatant. À chaque station son histoire, à chaque station ses espaces. Espèces infinies. Voyager dans le temps, chevaucher le long des steppes russes, plonger dans les forêts équatoriales, livrer bataille à Austerlitz, allez de Rome à Bicêtre sur les pas de Rainer Maria Rilke. Quel formidable traité d’histoire ferait un plan de métro soigneusement étudié.<br />
Il poursuit.<br />
Le vieux noir est comptable et arpenteur. Il mesure en quantité indéfinie la sueur, le sang et les morts qui ont présidé à l’élaboration du Livre des stations.<br />
Comprends-tu ?<br />
Non.<br />
C’est pourtant bien simple. Ce qui t’extasie tant est le fruit de l’esclavage, de l’asservissement des autres peuples. Leurs richesses ont été transférées et transmuées en acier. Leurs alchimistes sont les plus célèbres et les plus doctes. Maintenant, ils nous font payer le billet de notre ancien état d’esclaves. C’est pourquoi le vieux arpente le quai.<br />
Je comprends.<br />
La nouvelle rame arrive. Elle s’arrête. Flux des voyageurs en direction des portes métalliques. Le train s’ébranle comme un vieux cheval.<br />
Lente et certaine transformation des paysages urbains, le bleu se mêle au gris, les crêtes des toits commencent à danser, à danser autour du Livre des stations.</p>
<p style="text-align:justify;">IV</p>
<p style="text-align:justify;">Paris : lieux d’écritures, lieux de passage.<br />
Je débarquais à Paris : j’étais jeune, naïf, mais je ne pensais plus qu’il fallait vivre intensément pour écrire. J’avais vécu autant qu’il est possible pour mon âge. J’avais traversé une guerre, spectateur de la sauvagerie des hommes, aimé à la folie comme ces héros de la geste des Arabes, Qays et Layla. J’avais brûlé mes dernières illusions comme on incendie de vieilles photos jaunies au soleil de la mémoire : j’étais en exil sur la terre. Je ne composais plus de poésie. Mais j’écrivais toujours dans une chambre, cette fois boulevard du Montparnasse, à quelques mètres de la rue Notre-Dame-des-Champs où se promenait Rainer Maria Rilke. À deux pas de la rue Campagne première où Aragon rejoignait Elsa dans ce petit hôtel dont j’ai oublié le nom.<br />
J’y passais un an à écrire des nouvelles, à lire, à m’ennuyer. Je rentrai en Algérie.<br />
Je me retrouvai dans ma chambre, devant une vieille Olivetti. Je tournai en rond comme un lion édenté. Une mouche dans une pièce close. Je me cognais contre les vitres et j’apercevais, au loin, le ciel bleu, là-bas, si loin, si proche. Les nuages qui passent. Là-bas… Les merveilleux nuages !<br />
Je revins à Paris. Cité Universitaire, rue Dareau. Neuf mètres carrés. Une cellule. En un mois, j’y écrivis la première version du Chien d’Ulysse. Le mois suivant, je déménageai boulevard Jourdan. La chambre faisait à présent quinze mètre carrés. J’y rédigeais les cinq ou six versions successives du même livre pendant deux longues années.<br />
Je quittai la cité U et m’installai rue des Rigoles, dans le vingtième. Un petit studio où j’apportai les dernières touches à mon manuscrit. Je l’envoyai à plusieurs éditeurs et il plut à l’un d’entre eux.<br />
Je déménageai près du canal Saint-Martin. Toujours dans ma chambre, quelle manie ! J’écrivis trois autres livres. J’avais épuisé le lieu et les êtres qui m’habitaient, il me fallait partir à nouveau.<br />
Je voyageai. Comme Frédéric Moreau.<br />
Je m’en allais à Rome, viale Trinità dei Monti, sur le Pincio. Une chambre immense, avec mezzanine, cuisine et salle de bains. L’horreur pour un écrivain. J’y écrivais peu ou pas. Aujourd’hui, en Irlande, je vous écris pour vous dire encore une fois que la ville lumière traverse le temps et marque les jeunes hommes qui y débarquent pour rêver aux merveilleux nuages.</p>
<p style="text-align:justify;">V</p>
<p style="text-align:justify;">Paris, une fête introuvable.<br />
Tout le monde a lu ou lira Paris est une fête d’Hemingway. Alors pourquoi en parler? Je ne sais pas : l’envie de partager un grand plaisir de lecture. Certains livres sont inépuisables tant ils recèlent de poésie et de tristesse.<br />
Au lendemain de la première guerre, un jeune homme pouvait croiser à Paris tout ce qui comptait comme artistes : Picasso, Stein, Pascin, Pound, etc. Et surtout, aussi étrange que cela paraisse à présent en ces temps de méfiance et d’enfermement, il était admis en leur compagnie pour peu qu’il s’intéressât à l’art. On pouvait écrire et se loger pour rien en acceptant de sauter un ou deux repas dans la semaine. Rue de l’Odéon, Sylvia Beach et Adrienne Monnier vous prêtaient leurs livres et vous permettaient de rencontrer Joyce qui s’aveuglait en écrivant Finnegans Wake.<br />
À lire Hemingway, il vous prend comme des morpions à l’âme. Paris semble une fête lointaine à présent, une planète dont une ne perçoit plus qu’un halo diffus. Faut-il y voir la mort annoncée de Paris ? Je ne parle pas de la ville physique, morne en dépit de ses splendeurs architecturales. Il n’est pas question ici de l’être matériel, mais de la dimension spirituelle d’une cité entendue comme un songe porté par des générations d’artistes.</p>
<p style="text-align:justify;">VI</p>
<p style="text-align:justify;">Paris est un songe. Comme la vie. Il ne faut pas l’oublier. Un rêve de romancier qui se délite chaque jour avec la mort des espérances. De nos jours, on ne vit plus à Paris, on n’y survit même plus. Un artiste ira à Berlin où il pourra se loger, se nourrir décemment et barbouiller à son aise dans de grands studios froids. Paris est maintenant une ville orgueilleuse, riche, pleine de morgue. Jamais elle n’a été tant menacée, figée dans son passé comme Venise où, pourtant, il me semble que le rêve ne se laisse pas capturer. Le Paris des artistes est une chimère à présent. De bons bourgeois et leurs familles ont investi les lieux où se réfugiaient des crève-la-faim lumineux.<br />
À Montmartre, les ateliers ont été transformés en appartements pour des bourgeois illettrés. On ne lit plus, on n’aime rien, on achète des biens que l’on croit posséder et qui vous possèdent. On boit, on danse, mais le cœur n’y est plus. La vie parisienne ? un titre de magazine érotique, agrémenté de photographies en noir et blanc – des dames déshabillées et vaporeuses – que l’on laisse glisser dans le caniveau sans trop y penser. Cette imagerie d’Épinal captive les touristes américains, italiens et allemands. Le Paris enchanté de l’entre-deux guerres, ou du début du siècle surtout. Le Moulin Rouge, le Moulin de la Galette.<br />
Je regarde, ébahi, les affiches de Lautrec. La Goulue meurt dans le caniveau. Syphilitique, elle perd ses dents et ses cheveux. Paris traité au mercure n’est plus que l’ombre d’une splendeur passée. Misère d’une courtisane que l’on visite encore mais qui ne fait plus bander.</p>
<p style="text-align:justify;">VII</p>
<p style="text-align:justify;">On a chassé la sorcière de Montmartre, vendu le passage entre l’avenue Junot et la rue Lepic où ce vieux rocher, en forme d’arbre foudroyé, marquait le territoire enchanté d’un village où les âmes des peintres s’accrochaient aux branches comme de petits papillons blancs. Nous avons chassé les pauvres pour faire place aux riches. À présent, ils sont entre eux, et hors-la-loi, personne n’ira le leur reprocher. Le peuple aux Barrières. On privatise la ville, on en fait un Disneyland où il faut glisser une pièce pour éclairer les lampions, lancer une musique idiote, tourner un manège d’acier où grincent les souvenirs anciens par un matin jaune citron.<br />
On en veut plus se souvenir de Céline qui hante la rue Lepic dans une maison devenue boutique de bimbeloterie pour touristes. L’atelier de Picasso, place Ravignan, abrite les amours tarifées d’une comptable et d’un producteur. La clinique du docteur Blanche ouvre à nouveau ses portes. On y soigne les aphasiques d’aujourd’hui. Ils n’ont pas le génie de Nerval. Ils reflètent à merveille le néant contemporain. Pour exprimer la vie, il faut la tenir un peu en laisse, faire ce pas de côté nécessaire à l’art. On ne peut plus rien lorsqu’on patauge dedans.</p>
<p style="text-align:justify;">VIII</p>
<p style="text-align:justify;">On demande à Cocteau ce qu’il emporterait si sa maison brûlait, il répond : « Le feu ! »<br />
Quittez Paris et n’oubliez pas le feu !</p>
<p style="text-align:justify;">IX</p>
<p style="text-align:justify;">Algérien, j’étais destiné à renaître ici. Je l’ai regretté parfois en longeant le bord de ce fleuve où furent jetés en un sac en Seine quatre cents compatriotes qui défilaient pour l’Indépendance. À présent, je l’accepte puisque la joie vient toujours après la peine. Ni Londres ni New-York, plus exotiques, ne m’aimantent comme Paris qui est pour moi une patrie immatérielle, une nation où surnagent des spectres concoctés dans la marmite de l’Histoire. Je me suis toujours senti étranger ici, mais chez moi. Ou chez moi à l’étranger. Je n’attends plus rien de cette ville qui ne m’a jamais rien donné. Le « À nous deux maintenant ! » de Rastignac, ne l’oublions pas, est lancé du Père-Lachaise. Balzac est un ironiste aussi puissant que Flaubert. La mise en garde est claire : les cimetières parisiens sont la seule conquête des ambitieux. Les grandes villes sont des nations qui engloutissent les hommes et les femmes. L’espèce ne survit qu’en gravant son nom au fronton des palais de la connaissance ou de l’Art.<br />
Pour le créateur de la Comédie humaine, un Pierre Leroux est une plante plus importante que le Chardon des Illusions perdues, ce poète à heures perdues, gigolo mondain, soldat récalcitrant et marionnette de Vautrin. Bien entendu, on a oublié Pierre Leroux et le temps a rendu justice à Lucien de Rubempré. Encore un paradoxe littéraire : l’œuvre se joue de son créateur. Notre ambition est condamnée par avance à moins de se nommer Napoléon. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les actualités : un président d’opérette agite les médias dans tous les sens et pousse la chansonnette au point de l’épouser. Il peine à exister, il n’en restera rien. À nous deux, néant !<br />
Frédéric Moreau est encore plus faible dans un Paris qui l’écrase de toute sa force d’ombre. Flaubert, souvent, peint la cité de nuit. Menaçante, obscure, elle ajoute de la noirceur à la confusion de l’époque. On prépare le grand massacre qui verra les illusions des uns et des autres mourir avec les fusillés de 1848. Alors, Paris dans tout cela ? Un décor tragique, indifférent, où, après la répression et la sauvagerie, se mettent en place les éléments dansants d’une opérette. C’est chez la « Turque » que l’on se tricote ses plus beaux souvenirs, nous confie Flaubert. On tiendra ainsi, en dépit de la Commune, de Verdun, jusqu’au à la fin de la seconde guerre mondiale. Et puis, rideau. Le voyage au bout de Paris, c’est vraiment terminé, on n’en peut plus, on n’en reparlera plus jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">X</p>
<p style="text-align:justify;">La tour Eiffel, cette aimable bergère, regarde son troupeau du haut de sa solitude. Le siècle s’avance à peine, il émerge des brumes du XIXème et annonce, triomphal, les temps modernes. Celle qui devait un jour disparaître, déconstruite, s’enveloppe de mystère. La poésie lui confère une dignité. Des quatre coins du monde accourent ses adorateurs, ces émigrants en quête d’Argentine qui s’amassent dans la gare Saint-Lazare comme des lépreux. On marche dans les rues neuves, on s’accorde au zinc crasseux d’un bistrot, mais l’amour est là. On figera Paris à ce moment précis de son histoire. Et d’ailleurs, les touristes, pour une fois, ne s’y trompent pas : ils vont tous à Montmartre sur les traces de Picasso, Modigliani et Van Dongen avant de finir au Sacré-Cœur, délaissant Saint-Pierre, église sombre et intime, lieu vivant et battant, encore gorgé du sang de la passion.<br />
L’image est prise, on ne l’effacera plus. Amélie Poulain la propagera encore. La fortune de ce film idiot n’est pas innocente. Dans l’imaginaire mondial, c’est le Paris 1900 qui s’impose, encore et pour toujours, avec le Sacré-Cœur en pendentif comme ces icônes que l’on vend dans les rues de Naples pour conjurer le mauvais sort. Avouons-le, les touristes ont raison pour une fois. La défaite de 70 est presque oubliée, la Grande guerre est encore lointaine, la grippe espagnole reste à inventer, et les demoiselles sont en Avignon : Paris ne brillera plus jamais de la même intensité. Picasso soulève pourtant le jupon du songe et dévoile la sanie et la maladie qui rongent la Beauté. À l’époque, personne ne veut voir la monstruosité ; elle se dérobe encore au point qu’un romancier, fils spirituel d’Amélie Poulain, y voit une imposture. On l’acclame, on le fête, on lui ouvre les portes de l’Académie. Pendant ce temps, les demoiselles dansent à New-York.</p>
<p style="text-align:justify;">XI</p>
<p style="text-align:justify;">On me dit, il n’y a peu, que l’Égypte dispose de l’éclairage public le plus éclatant du monde ; à Paris, celui-ci se raréfie, et les derniers lampions s’éteignent.</p>
<p style="text-align:justify;">Salim Bachi, Nrf, mai 2011.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/essais/'>Essais</a>, <a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/litterature/'>Littérature</a>, <a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/livres/'>Livres</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/486/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/486/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=486&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>NON PAS CONTRE PAT GARRETT MAIS POUR BILLY THE KID</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Mar 2011 15:48:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Point de vue de Lamine Ammar-Khodja, jeune cinéaste d’Alger et d’ailleurs À vingt huit ans, je peux dire avec lucidité que je ne suis ni plus intelligent ni plus con qu&#8217;un autre, voilà pourquoi je vais dire des choses que les gens intelligents savent déjà et que les imbéciles ne sauront jamais. J&#8217;HABITE CE BEAU [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=473&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/03/lamine-ammar-khodja.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-478" title="Lamine Ammar Khodja" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/03/lamine-ammar-khodja.jpg?w=500" alt=""   /></a></p>
<p><strong>Point de vue de Lamine Ammar-Khodja, jeune cinéaste d’Alger et d’ailleurs</strong></p>
<p style="text-align:justify;">À vingt huit ans, je peux dire avec lucidité que je ne suis ni plus intelligent ni plus con qu&#8217;un autre, voilà pourquoi je vais dire des choses que les gens intelligents savent déjà et que les imbéciles ne sauront jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;HABITE CE BEAU TERRITOIRE</p>
<p style="text-align:justify;">Pour commencer, il n&#8217;y a pas de cinéma algérien. Comme il n&#8217;y a pas de cinéma français ou brésilien. Il y a le cinéma. Point.</p>
<p style="text-align:justify;">Quand je regardais les films de Pasolini sur mon petit écran<br />
(grande parenthèse) c&#8217;est probablement un truc de ma génération, mais pas uniquement… Je me suis mis à regarder maladivement tout ce qui me tombait sous les yeux durant mes années d&#8217;études, dans une chambre universitaire, à Paris… Je vivais alors avec 400 euros par mois… Autant dire juste de quoi payer la chambre, manger et boire un verre de temps en temps… Je ne suis devenu un assidu des salles obscures que par la générosité d&#8217;un groupe d&#8217;amis bienveillants qui m&#8217;a offert un passe pour la Cinémathèque… Et si aujourd&#8217;hui je veux faire des films, c&#8217;est probablement par leur faute !<br />
Bref, les films de Pasolini sur mon petit écran me faisaient un effet étrange : Pasolini aurait pu être Algérien. J&#8217;ai mis du temps à comprendre que je plaquais mon référentiel de pensée, mon vécu (de plus j&#8217;étais en terre étrangère, ce qui n&#8217;a fait que grandir ma confusion), sur ce que racontait ce cinéaste italien. Voilà comment dans un 12m2, Pasolini devenait Algérien malgré lui. De même, je crois que lorsqu’on projette un film de Welles au Japon, Welles devient Japonais, et on peut continuer : Teguia Italien, Ozu Iranien, etc. Ce qui prouve bien que le cinéma est d&#8217;abord une histoire de voyage. Et son territoire, l&#8217;imaginaire, un vaste espace riche en relief. Pourtant, il suffit d&#8217;y planter un drapeau pour que ce territoire devienne aussi plat que la Belgique, soit un espace quasiment sans intérêt (que mes amis Belges m&#8217;excusent cette image…je n&#8217;ai pas d&#8217;amis Belges…)<br />
Si le cinéaste est un voyageur et l&#8217;imaginaire un espace à explorer, alors pourquoi lui poser une limite, voire une frontière (…) ?</p>
<p style="text-align:justify;">LA RABBIA OU LA PROSTITUTION</p>
<p style="text-align:justify;">On pourrait aussi se demander pourquoi écrire des choses que les gens intelligents savent déjà ?<br />
Passé : dans les années 70’s, l&#8217;Algérie (alors jeune tulipe tiers-mondiste) a formé des &#8220;cinéastes officiels&#8221; qui ont donné des films imbuvables pour des yeux qui aiment le cinéma et sa complexité. Deux cinéastes ont tenté de sortir de ce carcan (Zinet, Beloufa) pour pondre un Ovni chacun avant d&#8217;être remerciés (l&#8217;un est devenu aliéné, l&#8217;autre s&#8217;est exilé physiquement et mentalement). Je ne parle pas de Merzak Allouache, car au vu de ce qu&#8217;il a fait depuis Omar Gatlato, on peut penser que ce film est une erreur de parcours…<br />
Présent : je constate qu&#8217;il y a toute une génération de jeunes cinéastes prêts à porter l&#8217;étendard national pour faire des films algériens, comme ils disent. Naturellement, ils ne sont pas jeunes. Être jeune, c&#8217;est d&#8217;abord remettre en cause le legs des anciens. Mais comment remettre en cause un legs qu&#8217;ils ne connaissent pas ? Ce sont ces mêmes cinéastes étendards qui sans avoir vu les films de leurs pères, en rentrant chez eux, se ruent sur les films de Truffaut, Pialat ou Kubrick&#8230;<br />
La vérité (et ils le savent très bien ces petits malins), c&#8217;est que lever le drapeau revient à secouer la machine-à-sous côté Ministère de la culture. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle le plus vieux métier du monde. C&#8217;est aussi ce qui divise la nouvelle génération de cinéastes en deux parties : les nouveaux cinéastes officiels, ceux qui touchent la thune de l&#8217;État. Et les indépendants, ceux qui galèrent.<br />
Pour ma part, je crois que le deuxième groupe est beaucoup plus intéressant pour plusieurs raisons : d&#8217;abord parce qu&#8217;il n&#8217;hésite pas à couper le cordon ombilical sans ménagement (ce geste si vital dans une société patriarcale où le père écrase toute arrogance du petit), ensuite le manque de moyens oblige à chercher des systèmes D pour effectuer un tournage. Cette recherche est synonyme d&#8217;inventivité et donc d&#8217;originalité. Voici une de mes citations favorites : si tu trouves c&#8217;est que tu n&#8217;as pas bien cherché.<br />
Pour embrayer sur la faim et ses moyens, le fait que l&#8217;argent ne soit distribué que d&#8217;un seul côté, celui de la prostitution, crée un sentiment d&#8217;injustice chez les galériens qu&#8217;on peut appeler la rabbia. Cette rage, je le dis par conviction, est saine pour la création. Elle malmène l&#8217;égo du cinéaste et la seule chose qui peut le rassasier de cette injustice est de montrer qu&#8217;il a quelque chose dans le ventre. Pour ça, il faut d&#8217;abord lutter contre tout ressentiment. Le meilleur discours, la meilleure réponse à la crétinerie et à la suffisance, c&#8217;est le talent. Concentrons-nous donc sur notre travail. Point.</p>
<p style="text-align:justify;">LA FAIM</p>
<p style="text-align:justify;">Tourner sans thune ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui. <em>La jetée</em> de Chris Marker a été tourné avec un simple appareil photo et une caméra empruntée pour quelques heures. <em>Barravento</em>, premier film de Glauber Rocha (lui qui disait : &#8220;une idée en tête, une caméra à la main&#8221;) a couté 9000 dollars, autant dire juste de quoi payer la pellicule. Nanni Moretti a tourné son premier long métrage en Super 8 (le format amateur de l&#8217;époque). Plus récemment, Avi Mograbi a accouché de <em>Comment j&#8217;ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel</em>,  son premier long métrage avec une petite caméra DV. Je n&#8217;oublie pas Pedro Costa, Rabah Ameur-Zaïmeche, ni même Denis Gheerbrant qui vient de terminer <em>La République Marseille</em>, monument vivant de 7 films sur la ville en question. Et que dire de Wang Bing et Zaho Lang (à eux seuls, c&#8217;est deux là sont entrain de porter la Chine à bout de documentaires, tournés par la force de la volonté). Plus proche de nous, Tariq Teguia (indéniablement notre cinéaste &#8211; pas que le nôtre d&#8217;ailleurs -, le plus important aujourd&#8217;hui) qui a mis sept ans à faire son premier film (après écriture du scénario et recherche d&#8217;un producteur) et a tourné <em>Roma wala n&#8217;touma</em> (Rome plutôt que vous) avec une petite caméra DV empruntée au Centre Culturel Français. J&#8217;ai vu l&#8217;objet en question, et ça ressemble plus à un jouet qu&#8217;à une caméra. Il a cependant compris une chose essentielle concernant la production indépendante : il est plus facile d&#8217;avoir de l&#8217;argent avec des images déjà en boîte. En ce sens, il nous a montré un chemin à explorer. Je dis un chemin car il y a autant de méthodes que de cinéastes. Le plus important est que les films existent. Et le manque de moyen est tout sauf un prétexte. Rappelons-nous que la Nouvelle Vague n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une bande de cinéastes qui a fait des films pas chers. Avant d&#8217;en faire, ils avaient quasiment pris le maquis culturel (par les Cahiers) pour descendre le cinéma de leurs pères. Encore une autre méthode. De tout temps, les cinéastes les plus intéressants ce sont démerdés pour accoucher de leurs bébés contre vents et marais. Le cinéma officiel n&#8217;a jamais créé de tournant, il a prolongé l&#8217;existant. Le cinéma est né de la contrainte, son histoire le prouve.</p>
<p style="text-align:justify;">BILLY</p>
<p style="text-align:justify;">Je dis ça alors que je viens seulement de voir <em>Pat Garett et Billy the Kid</em> de Sam Pekinpah. Je note que Pat se range du côté de la loi (il devient shérif) car il est vieux et il joue la carte de l’assurance. Rongé par la peur, il va aller jusqu&#8217;à traquer son ancien camarade hors-la-loi : Billy, dit le Kid. Billy, lui est jeune et ne veut pas mourir de l&#8217;intérieur. Il a la vie devant lui et continue à traîner avec ses vieux amis, des Mexicains. Pour lui, pas question de devenir un gringo. À la fin, tout le monde connaît l’histoire, Pat Garett tue Billy the Kid, mais en faisant ça il tire sur sa propre image. Pat Garett et Billy the Kid faisaient partie du même bateau. Chacun a suivi sa route. Non, il ne s&#8217;agit pas de morale mais d&#8217;éthique.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Jeune cinéaste né à Alger en 1983, Lamine Ammar-Khodja est l’auteur de documentaires de création tels que Aziz Chouaki ou le serment des oranges, 56 Sud, et d’un essai sur l’identité Comment recadrer un hors-la-loi en tirant sur un fil.</strong></p>
<br />Classé dans:<a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/cinema/'>Cinéma</a>, <a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/essais/'>Essais</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/473/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/473/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=473&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La conférence des oiseaux</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Feb 2011 17:37:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/02/381px-conference_of_the_birds.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-468" title="381px-Conference_of_the_birds" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/02/381px-conference_of_the_birds.jpg?w=190&#038;h=300" alt="" width="190" height="300" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">A Nichapour, naquit un homme dont la profession fut de capturer les essences des fleurs pour en délivrer l’âme. Cet homme, raconte-t-on, se trouva un jour en présence d’un mendiant qu’il ignora. Ce dernier lui lança alors : «  Tu mourras comme nous tous. Mais sais-tu quand ? » Le parfumeur aurait répondu : « Pas plus que toi ! » Le mendiant ajouta qu’il connaissait, lui, son heure. Sur ces mots, il se coucha devant l’échoppe du parfumeur et rendit son dernier soupir. L’homme en fut si douloureusement affecté qu’il se lança dans une quête qui ne s’acheva que sous le sabre d’un soldat mongole, à l’âge vénérable de quatre-vingt-dix-ans… Farid Udin Attar fut cet être qui partit à la conquête de sa propre vie. Qu’un parfumeur – Attar en arabe – se soit jeté dans une telle quête, il faut y voir une prédestination. « J’ai aimé trois choses en ce monde : la prière, les parfums et les femmes », disait Mahomet à la fin de sa vie. Ce sont bien les trois voies d’accès à la sagesse et à l’amour de Dieu.</p>
<p style="text-align:justify;">On tient Attar pour un saint à l’égal de Hallaj et de Rûmi. Attar aussi laissa une œuvre littéraire abondante dont un des plus illustres exemples est <em>La conférence des oiseaux</em> que se propose d’illustrer Lassaad Métoui. Avant d’en venir au travail de Lassaad Métoui, il convient de retracer un peu les grandes lignes de cet ouvrage qui présente sans doute l’une des plus belles allégories de l’humanité après celle de la caverne de Platon. Voici donc le sujet : une huppe, oiseau sacré mentionné dans le Coran, cherche à rassembler d’autres oiseaux, d’espèces différentes, pour se lancer à la recherche du plus parfait d’entre eux, le Simorgh. La vision de cet être unique, à elle seule, transforme le cœur de celui qui le rencontre. Elle l’allège du fardeau de lui-même, dit la huppe pour convaincre les autres oiseaux de la suivre. N’est-ce pas là le sens même de la quête mystique ? La recherche de la légèreté ou plutôt de l’allègement, la disparition de l’ego, la fin de soi… Une forme de mort dans la vie. Ainsi se comprend l’histoire du mendiant mort qui connaissait son heure. Le stade ultime du mystique soufi est la pauvreté et la fin à l’heure voulue par le destin. C’est de cet enseignement premier que naîtra l’étincelle qui orientera toute la vie d’Attar. Mais pour le voyageur de l’âme, il est besoin d’une étoile sur laquelle se fixer. Pour la huppe, Simorgh est cette lumière ; pour Attar et pour tous les mystiques, c’est Dieu. Mais le chemin vers Dieu est long comme le chemin vers Simorgh est éprouvant pour les oiseaux qui entreprennet ainsi le grand voyage de leur vie.</p>
<p style="text-align:justify;">À la fin du périple, comme nous l’apprend le merveilleux ouvrage, on assiste à la transformation ultime des oiseaux survivants : ils se révèlent être le Simorgh tant recherché. Ce que ne craint pas d’affirmer le mystique, au grand scandale des tenants de l’orthodoxie, c’est la fusion de l’homme et de Dieu. Hallaj sera écartelé pour avoir clamé : « Je suis la Vérité ». A la fin de son cheminement mystique, l’homme affirme sa part divine et se confond avec l’Aimé. Il s’anéantit en lui comme s’était anéanti le mendiant devant la boutique du jeune Attar. Cette fin n’a pas le sens négatif que nous lui accordons aujourd’hui. Il n’est en rien le martyre des fous de Dieu qui sacrifient leurs semblables en espérant gagner un hypothétique jardin des délices. L’anéantissement du mystique est la fusion avec l’être aimé, le Simorgh des oiseaux, cette perfection des perfections. Cette plongée dans la Vérité est l’ultime et nécessaire révélation qui sanctifie le parcours mystique. Il faut espérer que notre parfumeur, à l’heure finale, sous le sabre du bourreau, aura lui aussi rejoint son Amant. On raconte encore, ce sont sans doute des légendes, que la sage de Nichapour aurait récupéré sa tête, qui avait roulé par terre, et l’aurait soulevée à bout de bras afin qu’elle chantât une dernière fois la gloire de Dieu.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/02/conf-oiseau-metoui.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-469" title="Conf oiseau Metoui" src="http://salimbachi.files.wordpress.com/2011/02/conf-oiseau-metoui.jpg?w=500&#038;h=500" alt="" width="500" height="500" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Lassaad Métoui s’est consacré depuis de nombreuses années à l’illustration des grands textes musulmans qui traitent soit de l’amour profane soit de l’amour divin. D’ailleurs, il n’est jamais facile de faire la distinction entre les deux genres puisque l’amour prend différents visages et toute passion amoureuse, plus grande que nature, rejoint l’autre passion. Je connais depuis longtemps Lassaad Métoui, et je me flatte d’être son ami. Je ne l’ai jamais vu occupé d’autre chose que de son art qu’il porte à des sommets de perfection et d’invention. Le travail du calligraphe est double et, par là-même, éprouvant. Il s’agit de s’inscrire dans une tradition qui court depuis la naissance de l’écriture et de tracer ses propres lignes, d’inventer son propre langage plastique. Cette perpétuelle tension est à l’œuvre chez Lassaad Métoui. On assiste ainsi à la naissance d’une nouvelle parole, libérée des canons anciens, vivante et riche, à la semblance du plumage du Simorgh, ce feu chatoyant de la vérité et de la connaissance. Pour ce livre que vous tenez entre les mains, et que vous vous apprêtez à parcourir, Lassaad Métoui a peint pour vous les oiseaux du paradis. C’est une première dans son œuvre picturale. Pour une fois, le signe pénètre le vivant, et la lettre devient volatile. La couleur éclatante, rouges et noirs profonds, vient souligner ce paradoxe.</p>
<p style="text-align:justify;">On peut bien sûr rapprocher ce travail de celui de Picasso sur les colombes peintes par le père devant l’enfant ébahi par les premiers traits. On peut aussi y voir une similaire recherche sur la couleur pure d’un Matisse. Deux peintres que révère Lassaad Métoui et qui lui sont des guides et des inspirateurs. Mais je crois, pour ma part, que le talent particulier de Lassaad Métoui, qui le rapproche de ses maîtres, se niche dans l’enfance d’un art ancien. Lassaad Métoui revivifie la calligraphie trop tenue en laisse par ses continuateurs qui se perdent dans l’imitation servile. Chez Lassaad Métoui, les oiseaux, encerclés pourtant par la lettre, s’échappent continûment de cette cage comme une goutte d’encre est absorbée par le papier et s’infuse lentement dans la trame. Mais ces départs vers l’ailleurs sont voulus et attendus par le plasticien qui les oriente pour faire œuvre. On tient alors les dessins d’un gamin de Gabès comme autant d’appels vers la liberté et l’ailleurs, à la semblance des poissons rouges de Matisse ou des vers libres d’Apollinaire, qui transcendent toujours la fatale attraction de la matière et de la tradition.</p>
<p style="text-align:justify;">Chez Lassaad Métoui, la matière n’est qu’un support, ce papier où se perpétuent les signes et les couleurs. Pour illustrer le maître livre d’Attar, ils se sont faits hérons, colombes, chardonnerets. Il ne leur manque plus que la parole en apparence. Mais le verbe, encore là, parle pour eux et l’on entend le froissement des ailes, le claquement des becs, le chant délicat et profond venu de l’abîme. Détachés, ces oiseaux semblent flotter sur la page, cernés par le néant, et pourtant si vifs. Ils volent vers Simorgh comme autant d’éclats d’âme à la recherche de leur forme ultime. Ils naviguent vers le royaume de Chine où se trouve le savoir évoqué par Mahomet. Fragiles, la plupart se perdront ; et s’il en reste trente à la fin, ou un seul selon les versions, ils auront voyagé comme Sindbad, navigateur et mendiant, à la découverte de leur être qui se révèlera enfin après les épreuves. On peut tout dire de <em>La conférence des oiseaux</em> : aimable fable, livre de sagesse mystique, conte néoplatonicien, les lectures s’accumulent et n’en épuisent pas le sens ou, devrais-je dire, les sens si l’on accepte d’assister à la danse de l’encre dirigée par Lassaad Métoui.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>La conférence des oiseaux</em>, Farid al-Din &#8216;Attar, illustration Lassaad Métoui, trad. Hassan Alavi, 158 pages, éditions Guy Trédaniel, nov 2010.</p>
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		<title>Rage</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 23:27:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Il y a quelque chose de   rageant à s&#8217;apercevoir que les hommes ne parviennent pas à se libérer de leurs propres malheurs. On peut penser ce que l&#8217;on veut de la férocité avérée des uns et des autres, du tyran ou du bourreau, mais un fait demeure : l&#8217;immense masse vit dans la crainte de ce que lui apporterait sa propre liberté. Elle est là, à portée de main, et personne ne semble vouloir la saisir.  Que certains s&#8217;en approchent, et la majorité crie au loup. On  s&#8217;imagine entourés d&#8217;ennemis, qui vous empêchent de continuer à vivre en paix,  en vérité, on cherche surtout à survivre. On en fait même une mystique. On s&#8217;enferme dans une  béatitude  qui ressemble à celle de ces hommes et femmes qui hantent les couloirs des hôpitaux psychiatriques et que l&#8217;on endort chaque jour un peu plus en leur administrant les plus douces médecines. L&#8217;exemple tunisien, qu&#8217;il soit appelé à réussir ou à échouer, devrait pourtant prouver aux plus timorés qu&#8217;il n&#8217;est aucun pouvoir illégitime qui résiste aux aspirations légitimes de la majorité. Ce genre de régime ne peut compter que sur la lassitude, les divisions, le laisser-aller des plus nantis ou la croyance servile en une omnipotence de ce qui vous broie chaque jour. On se damne souvent à ne pas ouvrir les yeux sur le malheur des plus faibles, des plus jeunes, de ceux qui sont notre avenir et que l&#8217;on condamne pourtant à une injuste solitude. Il suffit de voir comment les journalistes de mon pays ont relaté l&#8217;insurrection des leurs, cette tentative de secouer le joug de la tyrannie, en la déclarant étrangère, barbare, sans doute un peu trop incivile et désordonnée à leur goût, pour désespérer du genre humain. De quel étrange goût, il s&#8217;agit-là? De celui qui regarde de loin et  méprise le courage des autres. Les Algériens dans ce cas-là, et pour la plupart, ne se sont pas élevés à la dignité que l&#8217;on eût été en droit d&#8217;attendre d&#8217;eux. Ils n&#8217;ont pas été à la hauteur des deux dernières décennies, terribles certes, marquées par de grandes violences, mais aussi par de grandes espérances. Ils ont décidé d&#8217;abandonner le combat, d&#8217;être les spectateurs de leur propre défaite.  Bien sûr, on peut rugir  pour se donner des airs de fauve, on n&#8217;en demeure pas moins mouton. Je salue ici le courage des jeunes corsaires qui sont sortis dans la rue pour manifester leur colère et qui, pour seule récompense, n&#8217;ont recueilli que le mépris et la haine de leurs aînés. A ces derniers, hardis chasseurs de complots, légalistes de la terreur, contempteurs du plus faible, je souhaite une bonne nuit, une nuit terrible et sans fin en compagnie de leurs chiens de garde.</p>
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		<title>Ce sont les fossoyeurs de l&#8217;Algérie : réveillez-vous ! vous êtes vivants et ils sont morts.</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Jan 2011 01:11:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce sont les fossoyeurs de l&#8217;Algérie : réveillez-vous! vous êtes vivants et ils sont morts.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=418&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1>Ce sont les fossoyeurs de l&#8217;Algérie : réveillez-vous! vous êtes vivants et ils sont morts.</h1>
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		<title>A ceux qui vivent</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2010 20:39:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Blog de Salim Bachi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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		<description><![CDATA[A ceux qui vivent Comme les poètes et les saints Le monde se délivre en harmonies lyriques Lumière et repos leur sont promis comme aux temps Antiques Où les dieux et les diables s’aimaient Comme des voleurs aux pieds agiles Nous sommes les descendants de ces êtres furtifs Mais nous n’avons pas secoué la fange [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=414&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A ceux qui vivent<br />
Comme les poètes et les saints<br />
Le monde se délivre en harmonies lyriques</p>
<p>Lumière et repos leur sont promis comme aux temps<br />
Antiques<br />
Où les dieux et les diables s’aimaient<br />
Comme des voleurs aux pieds agiles</p>
<p>Nous sommes les descendants de ces êtres furtifs<br />
Mais nous n’avons pas secoué la fange qui nous habille</p>
<p>Et la musique à nos oreilles délavées est un coup de cymbale<br />
Ou un cri<br />
Que poussent des orfraies grimées comme des dames</p>
<p>Elles se pavanent au chant des infantes maures</p>
<p>Qui nous délivrera de la toile secrète et noire<br />
Que ces Parques nouvelles ont tissé autour de nous<br />
Solides filets que les marins aux fiancées amarrées<br />
Peinent à déflorer</p>
<p>Voile d’agonie<br />
Où vient se pendre la mer<br />
Virginale<br />
Comme une araignée<br />
Aux dents amères et vieilles</p>
<p>Une sirène parfois retentît au loin<br />
Pour signaler ce chalut démaillé<br />
A la remorque duquel<br />
Comme des pendus en ballade<br />
Flottent nos contemporains inanimés</p>
<br />Classé dans:<a href='http://salimbachi.wordpress.com/category/poesie/'>Poésie</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/salimbachi.wordpress.com/414/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/salimbachi.wordpress.com/414/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=salimbachi.wordpress.com&amp;blog=10780766&amp;post=414&amp;subd=salimbachi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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